
les plages
Bien que né dix neuf ans après la fin de la seconde guerre mondiale, celle-ci était tellement présente dans le récit de ceux qui l'avaient vécu que j'ai l'impression d'en être assez proche dans le fond. Comme si j'en étais un peu sans les désagréments. Grand pères, grand mères, parents, oncles, tantes, ils en parlaient souvent et petit cela ressemblait à une sorte de petite musique, de bruit de fond, presque une rengaine à laquelle nous ne prêtions plus trop d'attention. Sans parler des nombreux livres sur cette période, les photos, les films, des objets même, équipements militaires, insignes, bricoles et babioles qui "parlaient" de ces années. J'ai baigné dans cette convalescence familiale. Je ne sais pas si c'était pour m'éduquer ou pour eux aussi entretenir le souvenir, commémorer les morts, mais les visites des lieux de mémoires, des deux conflits d'ailleurs, étaient fréquentes. Quant aux plages, mon père et ma grand mère, originaires de Normandie, m'y emmenaient souvent. J'y barbotais où je cherchais des trésors à l'automne quand le vent soufflait le sable et découvrait les objets perdus par les touristes. Alors, ces jolies plages de Normandie, où nous avons à notre tour emmener nos enfants, une seconde génération plus tard, je les regarde toujours un peu différemment que les autres plages, ailleurs. Je ne peux m'empêcher de penser au prix fort, payé par des milliers d'hommes pour que nous et nos enfants puissent respirer librement le vent du large.
























